Le complément de nom



En bref...

Voilà bien une difficulté de la langue française ! Dis-toi qu’au moment où tu lis cet article, une dizaines d’élèves est en train de se poser une question simple : faut-il mettre le déterminant au complément de nom ?

Dois-je dire : « Le livre de l’histoire. » ou « Le livre d’histoire. » ?

Les cas sont tellement nombreux que je ne souhaite pas tout t’indiquer ici. Mais, je vais te donner quelques règles qui vont te permettre de savoir comment ça fonctionne.

1 Un nom seul

Tout d’abord, tu dois te rappeler qu’un nom tout seul aura toujours un déterminant. C’est très simple :
Le chat
Un livre
Des baguettes

2 « du »

« Du » est normalement un déterminant de quantité (du pain, du lait, etc…) Mais il a aussi un autre usage.
La préposition « de » et le déterminant « le » se regroupent sous la forme « du ». Quand tu lis « du » au milieu d’un groupe nominal, il faut bien comprendre « de + le ».
le chat du voisin ( le chat de + le voisin )
le livre du professeur ( le livre de + le professeur )

3 « des »

« Des » est normalement un déterminant pluriel indéfini. ex: des livres, des chocolats, etc…
Mais il y a un autre usage de « des » qui n’est pas ce déterminant.
Mais quand on regroupe des noms, la préposition « de » et le déterminant « les » se regroupent pour former « des ».
le chiens des enfants ( le chien de + les enfants )
la route des vacances ( la route de + les vacances )

Bon, jusque là, ça va ? Tout se passe bien ?
Maintenant, on va lier deux noms avec leurs déterminants. Pour faire ça, tu ajoutes un « de » entre les deux noms. Mais ! Mais parfois, le deuxième nom va perdre son déterminant. Et c’est où tu te poses des questions.

4 Deux entités différentes

Si deux entités sont identifiables dans la réalité en tant que deux trucs différents, tu gardes le déterminant.
« La piscine » et « la ville » sont deux entités que tu peux identifier. On dira donc la piscine de la ville
« Le chat » et « la voisine » sont deux êtres vivants parfaitement distincts. On dira le chat de la voisine

On parle aussi de lien d’appartenance. Le premier nom appartient au second. C’est parce qu’il y a un lien d’appartenance qu’on peut dire le chemin de la maison ou l’autonomie de la batterie.
Avec la règle « de + les », on peut dire la route des vacances.

Pour résumer ce point : deux entités identifiables ou lien d’appartenance.

5 Le nom générique

Rien que le sous titre, il fait peur ! Un nom générique, c’est un nom qui représente tous les objets d’une même catégorie. Si je parle de « l’uniforme », je parle de tous les uniformes.
L’uniforme est un vêtement qu’on utilise dans certaines professions ou dans certaines écoles. Je parle ici de tous les uniformes d’une manière générale. D’une manière générique !

Bref, avec un nom générique, on garde le déterminant :
Le port de l’uniforme
Le travail des journalistes ( de + les )
Le monde des bisounours ( de + les )
Attention, un magasin de jouets perd le déterminant, parce qu’ici, jouets ne représente pas tous les jouets, mais seulement quelques jouets qui sont vendus dans ce magasin. Tu notes d’ailleurs que jouets n’est pas parfaitement identifiable, il ne rentre pas dans le point numéro 4.

6 Un pays masculin

Pour les pays masculin, on garde le déterminant.
l’histoire du Maroc (du = de+le)
le développement du Japon (du = de + le)

7 Les autres cas

Si ce n’est pas l’un des cas précédents, on ne met pas de déterminant au deuxième nom.

Non identifiable (on ne peut pas compter ni définir précisément) : un magasin de jouets, un jardin de fleurs
Les matières : une chaise de bois
Le contenu : une tasse de café
La durée : une année d’école
Caractéristique : une voiture de course
Cause : un cri de joie / le téléphone est la cause de problèmes oculaires / le téléphone est la cause de perturbations dans une classe
Saison : des vêtements d’hiver